Guerre Israël-Palestine : quels risques pour les marchés de l'énergie en 2026 ?

Deux ans après les attaques du 7 octobre 2023, le conflit entre Israël et le Hamas continue de peser sur l'équilibre géopolitique du Moyen-Orient. Si les marchés énergétiques ont jusqu'à présent évité un véritable choc comparable à celui observé lors de l'invasion de l'Ukraine en 2022, plusieurs facteurs pourraient encore modifier profondément la situation en 2026.
Un impact direct limité sur la production d'énergie
Contrairement à la Russie ou aux principaux producteurs du Golfe, Israël et les territoires palestiniens ne représentent qu'une part marginale de la production mondiale d'hydrocarbures. Les conséquences directes du conflit sur l'approvisionnement mondial en pétrole ou en gaz restent donc limitées.
Pour autant, les marchés de l'énergie continuent d'intégrer une prime de risque géopolitique. Cette dernière ne reflète pas les volumes actuellement perdus, mais la possibilité d'une extension du conflit à l'ensemble de la région.
Le véritable risque : une régionalisation du conflit
Depuis plusieurs mois, les tensions impliquant l'Iran, le Hezbollah libanais et les rebelles Houthis au Yémen alimentent les inquiétudes des opérateurs.
Les attaques répétées contre le trafic maritime en mer Rouge ont déjà démontré la capacité des acteurs régionaux à perturber les flux commerciaux internationaux. Si cette situation devait s'aggraver en 2026, les conséquences pourraient dépasser largement le cadre du conflit israélo-palestinien.
Les marchés surveillent notamment deux points stratégiques :
- Le détroit de Bab-el-Mandeb, porte d'entrée de la mer Rouge ;
- Le détroit d'Ormuz, passage incontournable des exportations énergétiques du Golfe.
Le scénario le plus redouté : le détroit d'Ormuz
La plupart des analystes considèrent qu'une perturbation significative du détroit d'Ormuz constituerait le principal risque haussier pour les prix de l'énergie.
Chaque jour, plusieurs dizaines de millions de barils de pétrole et une part importante des exportations mondiales de gaz naturel liquéfié transitent par cette zone stratégique.
Dans un scénario extrême impliquant une confrontation directe entre Israël et l'Iran ou une fermeture temporaire du détroit, les prix du pétrole pourraient rapidement dépasser les 100 dollars par baril. Certains établissements financiers évoquent même des niveaux bien supérieurs en cas d'interruption prolongée des flux.
Quels impacts pour le gaz européen ?
L'Europe reste particulièrement exposée aux tensions géopolitiques depuis la réduction des importations de gaz russe.
Une dégradation de la situation au Moyen-Orient pourrait provoquer :
- une hausse des prix du GNL ;
- une concurrence accrue entre l'Europe et l'Asie pour l'accès aux cargaisons ;
- une augmentation des coûts logistiques et d'assurance maritime ;
- une volatilité renforcée sur les marchés européens du gaz.
Même sans rupture physique d'approvisionnement, une hausse de la prime de risque pourrait suffire à maintenir les prix à des niveaux durablement supérieurs aux moyennes observées avant 2021.
L'électricité également concernée
En Europe, le prix de l'électricité reste fortement corrélé à celui du gaz.
Une remontée durable des prix gaziers se traduirait mécaniquement par une augmentation des prix de gros de l'électricité, notamment sur les échéances 2026 et 2027.
Les entreprises dont les contrats arrivent à échéance au cours des prochains mois devront donc rester particulièrement attentives à l'évolution du contexte géopolitique.
Une année 2026 sous surveillance
À ce stade, le scénario central des marchés demeure celui d'un conflit contenu, sans interruption majeure des exportations énergétiques mondiales.
Toutefois, les événements des deux dernières années ont démontré la rapidité avec laquelle une crise géopolitique peut se transformer en crise énergétique.
Pour les acheteurs d'énergie, l'année 2026 s'annonce donc comme une période où la gestion du risque et la diversification des stratégies d'approvisionnement resteront essentielles.
Plus que jamais, les marchés regarderont moins Gaza elle-même que les conséquences régionales que le conflit pourrait provoquer.
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