Conflit au Moyen-Orient : quel impact sur les marchés du gaz et de l'électricité ?

Les tensions géopolitiques au Moyen-Orient, et plus particulièrement autour de l'Iran, ont récemment provoqué une nouvelle hausse de la volatilité sur les marchés de l'énergie. Si la réaction des marchés a été réelle, elle reste toutefois sans commune mesure avec celle observée lors du déclenchement de la guerre en Ukraine en 2022.
Une hausse visible sur le gaz naturel
C'est sur le marché du gaz que les conséquences ont été les plus marquées.
Le contrat gaz naturel 2027 s'échangeait encore autour de 27 €/MWh avant les premières tensions. Dans les jours qui ont suivi, les prix ont progressé rapidement pour se stabiliser temporairement entre 40 et 45 €/MWh. Lors des pics de volatilité intraday, certains échanges ont même dépassé les 60 €/MWh.
Depuis, les marchés se sont partiellement détendus et les prix sont revenus aux alentours de 35 à 36 €/MWh. Malgré ce recul, le marché reste significativement au-dessus de ses niveaux observés avant le conflit.
Pour 2028, la hausse a été plus modérée. Les prix sont passés d'environ 22-23 €/MWh à 27-28 €/MWh. Une progression notable, mais qui reste limitée au regard des mouvements historiques observés ces dernières années.
Un impact plus limité sur l'électricité
Sur le marché de l'électricité, la réaction a été beaucoup plus contenue.
Les produits 2027 ont enregistré une légère remontée, principalement sous l'effet de la hausse du gaz, qui demeure l'une des références majeures pour la formation des prix de l'électricité en Europe.
Pour les échéances 2028, les mouvements observés restent relativement faibles et parfois à peine perceptibles sur certaines séances.
Nous sommes aujourd'hui très loin des niveaux de stress observés en 2022, lorsque les prix de l'énergie avaient été multipliés par 10, voire davantage sur certains produits et certaines échéances.
Le véritable sujet : le niveau de stockage européen
Au-delà des tensions géopolitiques, le principal point de vigilance concerne actuellement les stocks de gaz européens.
À la sortie de l'hiver, les niveaux de stockage étaient déjà environ 6 % inférieurs à ceux constatés un an plus tôt. Autrement dit, l'Europe devait reconstituer davantage de stocks avant le prochain hiver.
Cette situation s'est légèrement dégradée au cours du printemps. Fin mai, l'écart avec les niveaux observés l'année précédente atteignait désormais environ 7 à 7,5 %.
Si ce rythme devait se poursuivre jusqu'à l'automne, l'écart pourrait dépasser les 10 % au moment de l'entrée dans la période hivernale. Cette situation pourrait maintenir une certaine pression sur les prix du gaz dans les prochains mois, même en l'absence d'aggravation du contexte géopolitique.
Faut-il s'inquiéter ?
À ce stade, les marchés réagissent davantage à un risque potentiel qu'à une rupture effective de l'approvisionnement mondial.
Contrairement à la crise de 2022, les infrastructures européennes sont aujourd'hui mieux préparées, les capacités d'importation de GNL se sont développées et les acteurs du marché disposent d'une expérience accrue dans la gestion des épisodes de volatilité.
Pour les entreprises, le principal enseignement reste le même : éviter de raisonner uniquement sur les prix du moment et privilégier une stratégie d'achat adaptée à leur niveau de risque et à leur horizon de consommation.
Les tensions géopolitiques rappellent une nouvelle fois que les marchés de l'énergie peuvent évoluer rapidement, mais elles ne remettent pas en cause, à ce stade, les fondamentaux du marché européen tels qu'ils avaient été bouleversés en 2022.
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